WebForce 3, l’école qui apprivoise l’obsolescence des compétences numériques

L’heure de la fusion de la formation a sonné pour le nouvel IMT Atlantique
28 mars 2018
Tribune. Renouons avec l’intelligence de la main !
2 mai 2018

Créée en 2014 pour permettre aux jeunes décrocheurs et sans emploi de se professionnaliser et d’intégrer rapidement le monde de l’emploi en tant que développeur intégrateur web, WebForce3 défend un modèle de formation innovante : 3 à 5 mois de formation et un suivi tout au long de la vie. Alain Assouline, président de l’école, apporte son analyse du secteur du numérique et présente les solutions apportées par son école qui a réalisé une nouvelle levée de fonds afin de se déployer davantage.

Quelle est votre vision du numérique aujourd’hui et en quoi votre formation est-elle adaptée aux métiers du secteur ?

Les métiers du numérique changent très vite. Tous les professionnels du secteur vont être impactés par la révolution numérique et vont connaître la nécessité de se former en permanence en raison de l’obsolescence rapide des compétences. Notre méthode courte, en blended learning, faite de cours intensifs en classe et en ligne, nous la proposons avec un suivi tout au long de la vie pour assurer une protection contre cette obsolescence des compétences. Ce qui hier mettait vingt ans à devenir obsolète, met aujourd’hui deux ans. Ainsi, nous devons nous interroger sur les formations : est-ce pertinent de suivre 5 ans de formation avec le risque d’en sortir en s’apercevant que 80 % des connaissances acquises sont déjà obsolètes ? Nous défendons une nouvelle vision de la formation professionnalisante qualifiante. Au lieu de former en cinq ans des ingénieurs, nous allons former des personnes en 3 mois, 5 mois sur des métiers dont les besoins sont évidents et immédiats. Nous les poussons vers l’emploi tout en continuant avec la plate-forme en ligne à les former pour qu’ils atteignent un jour le niveau d’ingénieurs, mais sans perdre à aucun moment la relation avec leur métier.

Justement, comment les formations à WebForce3 peuvent-elles concurrencer des diplômes de haut niveau d’écoles d’ingénieurs au moment de l’embauche ?

Quand nous avons lancé cette formation en 2014, beaucoup d’écoles d’ingénieurs ne croyaient pas en notre modèle pédagogique. Nous avons toujours dit que nous ne formions pas d’ingénieurs, mais des codeurs qui seront tout de suite opérationnels. Depuis, nous avons formé 2000 personnes et 90 % de leurs sorties ont été positives. Nous avons la preuve que cela fonctionne, que les compétences pratiques ont plus d’importance que le diplôme. Souvent, les employeurs, les chargés de ressources humaines postent des annonces contenant « cherche développeur bac+5 ». Nos étudiants nous disent qu’ils ne peuvent pas y aller, qu’ils ne correspondent pas aux critères. Ce à quoi je réponds qu’ils doivent tout de même se présenter et demander qu’on les teste.

En tant que fondateur de l’agence Les Argonautes, j’ai beaucoup recruté de développeurs, mais je ne recrutais pas sur la base des diplômes parce qu’en réalité, les personnes ayant fait une bac+5 ne restent pas développeurs bien longtemps, car ils souhaitent évoluer en tant que chef de projet digital, etc. Recruter des développeurs sur la base des diplômes est beaucoup moins pertinent que via des tests ! Google recrute en faisant passer des tests, et, dans notre école, nous entrainons nos étudiants à savoir réussir des exercices. Chaque compétence qu’ils apprennent par la pratique grâce à un formateur est testée le soir via une plateforme en ligne à travers des QCM, ce qui fait que nos étudiants sont rompus au fait de passer des tests chez des employeurs.

Comment l’offre de formation de Webforce 3 va-t-elle être développée ?

Nous allons investir 300 000 euros chaque année dans les contenus pédagogiques et 100 000 euros par an sur la plateforme, sur la technologie. Nous allons ajouter à nos formations existantes des nouveaux parcours formant aux métiers tels que concepteur intégrateur en cyber-sécurité, référent digital, data protection officer… Nous allons également continuer à développer notre algorithme d’intelligence artificielle qui permet de relancer les gens quand ils sont dans l’emploi pour vérifier qu’ils ont bien réalisé leurs mises à jour, qu’ils sont bien passés d’HTML 5 à HTML 6, par exemple. Nous allons faire une veille avec des notifications grâce à une application. Les inscrits pourront décider s’ils veulent être notifiés toutes les semaines, tous les mois… Ils recevront quelques QCM et en fonction des résultats, nous pourrons inviter ces personnes-là à réviser certains points qu’ils ne maîtrisent pas encore à travers une nouvelle formation. Une formation en Symfony par exemple peut permettre à une personne qui est développeur PHP de monter en compétence et doubler son salaire. C’est ce que nous avons fait avec certains de nos élèves récemment. Notre levée de fonds va nous permettre de diversifier l’offre de formation, l’intégrer sur la plateforme et développer la technologie de la plateforme pour en faire un outil de suivi des professionnels tout au long de la vie.

L’école ambitionne-t-elle d’ouvrir plus de centres de formation ?

Tout à fait. Aujourd’hui, nous voulons déployer l’école. Aujourd’hui, nous avons 34 centres de formation en France, mais nous évoluons très rapidement. Nous voulons en avoir 50 dans 5 ans. Nous avons aujourd’hui, parmi ces 34 centres de formation, des centres en propre dans les grandes villes comme à Paris, Lyon, Lille et Aix-Marseille. Le reste étant des franchises. Nous comptons ouvrir des centres en propre dans six grandes villes : Toulouse, Nantes, Rennes, Strasbourg, Caen, etc. Mais nous n’allons pas nous arrêter là, car nous ambitionnons d’ouvrir des centres à l’étranger, au rythme de deux capitales européennes chaque année. Les deux prochaines en cours d’ouverture étant Barcelone et Rome. Les cours seront traduits en langue étrangère et des équipes pédagogiques seront sur place pour diriger les cours en présentiel.