L’insertion des diplômés des grandes écoles toujours au beau fixe

ICN business school prend ses quartiers à la Défense
18 juin 2018
Comment communiquer auprès des étudiants : le tour de France des enquêtes de Diplomeo !
21 juin 2018

Comme chaque année, la Conférence des grandes écoles qui regroupent 220 écoles d’ingénieurs, de commerce et de management a publié son rapport annuel sur l’insertion de ses étudiants. Un bilan à nouveau très positif et encourageant pour les écoles supérieures françaises.

Une insertion toujours plus rapide et des contrats de meilleure qualité

Avec un taux d’insertion à son plus haut niveau depuis 2010, les établissements formant les futurs ingénieurs et managers ont de quoi se réjouir. Près de 90% des élèves sortis de ces écoles en 2017 ont obtenu leur premier emploi en moins de 6 mois, près de 4 points de plus que leurs camarades de l’année précédente. Autre chiffre très prometteur, près de 62% des étudiants obtiennent leur premier emploi avant même d’avoir obtenu leur diplôme. Une situation qui est loin de concerner tous les étudiants de l’enseignement supérieur qui rejoignent le marché du travail. Ces chiffres confirment l’attractivité des diplômés des grandes écoles pour les entreprises françaises. Tant au niveau de la qualité de l’emploi que de la rapidité avec laquelle il est trouvé, tous les chiffres s’améliorent. Ils sont 81% à être en CDI en 2018 pour 79% en 2017 et 82,8% se disent satisfaits voire très satisfaits de leur premier emploi. Une enquête qui montre qu’un diplôme des grandes écoles de commerce et d’ingénieur garantit encore un accès à l’emploi rapide et à un contrat de qualité.

L’apprentissage : l’objectif des grandes écoles pour les prochaines années

Sur les 33 7111 élèves qui ont répondu à l’enquête, ils sont 15% à être passés par l’apprentissage. 91% d’entre eux ont trouvé un emploi en moins de 6 mois, un meilleur taux que leurs camarades qui ont suivi une scolarité classique.En plus de garantir une meilleure insertion professionnelle, ces formations répondent plus fidèlement aux besoins des entreprises. La conférence des grandes écoles souhaite désormais miser sur l’alternance, son but est de passer de 15% des diplômés à 25% dans les prochaines années en incitant de plus en plus les élèves à opter pour l’alternance, en favorisant les cursus qui vont dans ce sens.

L’entrepreneuriat ne séduit pas les diplômés des grandes écoles

Les écoles de commerce comme celles d’ingénieurs ont mis l’accent ces dernières années sur l’entrepreneuriat en créant des formations dédiées, des cours spécialisés, mais aussi des incubateurs au sein de chaque établissement pour permettre aux élèves de mettre en place leurs projets d’entreprise encadrés par des professeurs. 88% des écoles de management et 50% des écoles d’ingénieurs en sont dotées. Pourtant, seuls 3,3% des diplômés en 2018 sont actuellement en création d’entreprise. Selon Peter Todd, directeur général de HEC Paris, ce faible taux s’explique par la dynamique positive dans laquelle est entrée l’économie française. Elle offre de meilleures opportunités aux diplômés, ce qui incite moins les jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat qui trouvent leur compte au sein des entreprises françaises.

Les écarts entre les hommes et les femmes persistent

Malgré tous ces indicateurs au vert, seul l’écart entre les hommes et les femmes vient ternir le tableau. À tous les niveaux de l’enquête, les statistiques concernant les diplômées restent en dessous de leurs collègues masculins pourtant passés par les mêmes écoles et ayant reçu la même formation. Il subsiste notamment un écart de salaire toujours inexpliqué par la CPE. Les femmes gagnent en moyenne 32 954€ brut par an tandis que les hommes, perçoivent eux, un salaire de 34 822 € brut par an. Un écart de près de 2000 euros annuels, qui reste cependant inférieur à la moyenne française, tous secteurs confondus. Au-delà du salaire, les statistiques de femmes issues des grandes écoles sont aussi à la traine par rapport aux diplômés masculins au niveau de l’insertion, de la nature du contrat et du type de poste occupé. Malgré une prise de conscience dans la société française, le chemin semble encore long. Le gouvernement a annoncé en mars dernier un plan pour mettre fin aux inégalités salariales entre hommes et femmes, dont des sanctions financières pour les entreprises qui ne joueraient pas le jeu. En espérant que ces mesures aient un impact positif sur les chiffres des enquêtes à venir et que les écarts entre les hommes et les femmes sortant des grandes écoles s’atténuent voire disparaissent.