Michael Tapiro : « À SMS, on prend en considération toutes les fédérations, toutes les ligues et tous les sports »

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Convaincu de l’intérêt d’une école focalisée sur le sport business, Michael Tapiro crée en 2011, Sports Management School (SMS), un établissement obsédé par la professionnalisation de ses étudiants, qui ne se contente pas de « donner une colorisation » sport à ses enseignements. Avec des formations très spécifiques allant du bachelor au MBA en passant par les programmes pour les sportifs de haut niveau, SMS se positionne comme la seule école portant la casquette « Pure player ». Rencontre avec le Directeur de l’école, passionné de sport et de pédagogie, qui nous donne un aperçu du marché du sport business.

SMS en quelques mots…

C’est une école 100% sport business. Dès la première année, on est totalement sport business, nous n’avons pas de modèle pédagogique qui proposerait un tronc commun puis une spécialisation sport business ou luxe dans les dernières années. Ce positionnement, c’est la raison pour laquelle l’école fonctionne bien.

A-t-on besoin d’être passionné par les sports les plus médiatisés pour intégrer SMS ?

Absolument pas. Le foot représente certes notre plus forte demande. Beaucoup d’étudiants viennent aussi pour le rugby, le tennis, le handball… Mais notre ADN, c’est « sport absolu ». On considère tous les sports, car chacun a un intérêt. D’ailleurs, il y a plus de potentiel de job dans des sports moins médiatisés comme la gymnastique ou l’escalade, qu’à la Fédération Française de Football. Il y a plus de potentiel de croissance du côté de la marche nordique que dans le football. C’est intéressant de voir que quand on veut être responsable de communication dans une fédération, se pencher vers des sports dont on parle moins peut-être un choix judicieux, car on peut presque « partir de zéro ». À SMS, on prend en considération toutes les fédérations, toutes les ligues et tous les sports… jusqu’au e-sport.

Justement, une étude de Diplomeo révélait en avril que 29% des jeunes de 16 à 25 ans considérait le e-sport comme du sport, qu’en pensez-vous ?

Le e-sport est un vrai secteur d’activité. Dans le domaine, je suis croyant même si je ne suis pas pratiquant. Le e-sport évolue un peu comme le téléphone portable. Il y a 20 ans, quand on demandait aux étudiants dans un amphi, « vous avez un téléphone portable ? », il y en avait 3 ou 4 qui levaient leur main sur 80. Trois ans après, dans les années 2000, 100% d’entre eux avaient un téléphone portable. On assiste au même schéma avec le e-sport. Aujourd’hui, c’est simple, tous les étudiants et étudiantes jouent. Il y a deux secteurs qui sont intéressants d’un point de vue de croissance : ce sont le e-sport et les jeux en ligne. D’une manière ou d’une autre, on fait l’un ou l’autre, ou les deux.

Avec le e-sport, vous remplissez des stades, vous vendez beaucoup de matériel. De plus en plus d’étudiants manifestent d’ailleurs leur intérêt pour cette discipline. Pour répondre à cette demande, cela fait deux ans que nous avons introduit à nos programmes des enseignements e-sport. À SMS, on fait intervenir des acteurs du e-sport comme Webedia, avec qui on échange depuis trois ans, sur ce qu’on pourrait faire, sur des compétitions à monter avec eux… c’est un vrai sujet.

Est-ce que ces nouveaux sports poussent les étudiants à l’aventure entrepreneuriale ?

Oui, nous avons des entrepreneurs brillants qui travaillent sur les paris sportifs, sur le jeu en ligne, d’autres créent leur marque, leur événement. Certains vont même jusqu’à développer des sports, des sports un peu atypiques, un peu hybrides. Vous pouvez par exemple trouver des fédérations de babyfoot à taille humaine ! Le plus souvent, la spécialisation de nos entrepreneurs est issue de leur mémoire ou de leur thèse professionnelle. On les aiguille vers un sujet de création d’entreprise et à l’issue de la thèse professionnelle, ils montent leur boîte.

Nous avons des succès extraordinaires, notamment Ronald Gautruche, qui a lancé une application qui s’appelle Digifood. Le principe est simple : sur l’application, vous pouvez avoir accès à une liste de stades, vous choisissez celui dans lequel vous vous trouvez, et vous avez la possibilité de commander votre nourriture et vos boissons à votre place et quand vous voulez. On vient vous livrer à votre place. Bref, ça marche très, très bien ! Ronald et les autres co-fondateurs de Digifood ont, par exemple, travaillé en marque blanche avec l’Euro 2016.

Il existe donc une multitude de métiers dans le sport. Quels sont-ils et quels sont ceux qui verront le jour dans la décennie à venir ?

Premièrement, on peut trouver beaucoup de métiers dans les éléments du marketing, de la communication, de l’événementiel, des droits, mais pas seulement. On trouve aussi les métiers du community management qui sont essentiels dans le sport, les métiers liés à l’intermédiation, à l’image, qui n’existaient pas il y a 20 ans, ou très peu. L’aspect commercial du sport est également très porteur d’emplois : la vente de tickets, les plateformes internet… Et bien sûr, les métiers sur l’information et sur les médias, car aujourd’hui on ne peut pas passer à côté des événements sportifs… comme la coupe du monde de football ! Pendant cette période, de toutes les manières, on est attrapé par toutes les chaînes de télévision, de radio, tous les sites internet. Si vous passez au travers de ces trois éléments-là, vous avez quand même des petites applications qui vous rappellent les événements. Il y a donc de vraies opportunités de ce côté-là.

En ce qui concerne les nouveaux métiers, je pense à ceux en lien avec les compétitions dans les entreprises ou inter-entreprises. Le sport est devenu un moteur pour les entreprises, car par le sport, on a la possibilité de partager et de rencontrer des gens. Au travail, les gens ne se parlent pas dans l’ascenseur, mais dès que l’on organise une compétition, tout le monde s’aime. Le dossard fait de vous un collaborateur. Il y a aussi une vraie opportunité avec les marathons, les courses un peu fun, les color me rad…

Je n’ai aucune inquiétude sur la croissance du sport business aujourd’hui. J’ai toujours cru en sa croissance, et c’est la raison pour laquelle j’ai créé la première école post-bac dans le domaine.

Comment les étudiants sont-ils amenés vers le monde professionnel chez SMS ?

Les étudiants sont constamment en stage, sauf la première année. Au cours de la deuxième et troisième année, les étudiants ont cours lundi et mardi, le reste du temps, ils sont en entreprise. Ils sont plus de 50% à travailler également le week-end ! C’est normal, quand on est une agence marketing et qu’on s’occupe des clubs, on est sur le terrain tous les samedi et dimanche… parce que c’est là que ça se passe ! Notre idée est de mettre les étudiants en situation professionnelle très rapidement en ciblant leur profil. On traite le profil de chacun des étudiants, et en fonction de cela, on va avoir des opportunités de stage. La personne se construit tout au long du cursus, sur mesure. C’est la raison pour laquelle, en bachelor, nous avons régulièrement des étudiants engagés avant de recevoir leur diplôme ! En ce qui concerne les entreprises employant les étudiants, on peut citer le Stade Français, le Paris Saint Germain… mais au final, il y a très peu d’entreprises, dans le domaine du sport, qui n’emploient pas des stagiaires de SMS.

Et du côté des nouveautés de l’école ?

Nous allons ouvrir un campus à Barcelone en octobre. Nous sommes également en train de lancer une formation internationale à Paris, 100% en anglais. À partir de 2019, nous mettrons en place des formations on line qui permettront aux sportifs de haut niveau ou aux personnes qui habitent en province de pouvoir suivre les cours en direct sur internet avec le même genre de pédagogie. Nous pourrons avoir des personnes qui feront une partie de leur cursus en France, une partie à l’étranger et une partie on-line, et ça, c’est génial. Quand on est sud-américain, on vient faire une partie des cours en anglais, une partie à Barcelone et le reste en ligne. Ça permet, même pour des professionnels, de pouvoir suivre ces cours-là et de rester en position dans l’entreprise.

Notre valeur ajoutée est de parvenir à faire des choses compliquées comme la formation des sportifs de haut niveau, la formation en ligne… Mettre en place des cours on-line, c’est très compliqué et onéreux, mais on va le mettre en place parce qu’on sait qu’il y a un réel intérêt et que l’on est passionné.