L’université et les grandes écoles s’engagent pour l’environnement

IAE France : les écoles universitaires de management lancent un label pour fédérer leurs associations
8 juillet 2019

Le 8 Juillet 2019, la CGE (Conférence des Grandes écoles), la CPU (Conférence des Présidents d’Université) et la CDEFI (Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d’Ingénieurs) ont publié une tribune afin de manifester leur soutien à la mobilisation des étudiants pour l’environnement

Un positionnement qui tombe à pic alors que les inquiétudes autour des questions écologiques se font de plus en plus pressantes et que les actions coup de poing pour le climat se multiplient.

Environnement : la jeunesse anxieuse

Appels désespérés de scientifiques pour le climat, manifestations pour l’écologie, déclarations d’un « État d’Urgence Climatique » dans les villes du monde entier… La sonnette d’alarme environnementale n’en finit plus d’être tirée. Et pour cause : les constats actuels sont des plus préoccupants : sixième extinction de masse, fonte prématurée du permafrost, emballement du réchauffement climatique… Le programme des prochaines décennies s’annonce des plus mouvementés pour les jeunes.

Lucides, 94% d’entre eux se disent d’ailleurs inquiets de la situation écologique actuelle, dont 61% très inquiets. En outre, 95% d’entre eux pensent que les politiciens n’en font pas assez pour l’environnement (Source : Sondage Parole aux Jeunes). Peu surprenant donc, de voir les jeunes lycéens et étudiants arpenter les rues pour organiser des grèves pour le climat et être plus de 30 000 à signer un Manifeste Étudiant pour un Réveil Écologique.

Depuis plusieurs mois, les jeunes des universités et des grandes écoles haussent le ton face à leurs aînés, qu’il s’agisse des responsables politiques que de ceux qui les forment dans l’enseignement supérieur. Par exemple, Clément Choisne, jeune étudiant ingénieur de Centrale Nantes, a marqué les esprits en interpellant le directeur de son école sur la question climatique, en novembre dernier, en pleine cérémonie de remise des diplômes. 

Urgence climatique : l’État interpellé par l’enseignement supérieur

Face à ces appels de plus en plus sévères, le monde de l’enseignement supérieur a ainsi pris la décision d’agir, en déclarant son soutien aux élèves engagés pour le climat.

Au sein de leur tribune, les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche français s’engagent à contribuer activement à la réalisation des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) définis par les Nations Unies. Parmi eux, on retrouve notamment la lutte contre le changement climatique, contre la faim et la pauvreté, mais aussi la réduction des inégalités, le développement des énergies “propres” et l’égalité entre les sexes. 

Pour accomplir ces objectifs, la CPU, la CGE et la CDEFI invitent l’État à s’engager auprès des acteurs de l’enseignement supérieur.

Cet engagement solennel [de l’État], essentiel, restera vain s’il n’est accompagné de moyens identifiés tant pour la recherche, que pour l’enseignement ou la transformation de nos infrastructures, et inscrits dans la durée. Il faut aussi encourager la collaboration de tous les acteurs dans les territoires et engager systématiquement les étudiants à conduire des projets à fort impact sociétal dans nos établissements en partenariat avec les collectivités territoriales. 

Extrait de la tribune « Urgence climatique : universités et grandes écoles mobilisées aux côtés des étudiants pour la réalisation des 17 Objectifs de Développement Durable »

En parallèle de cette tribune, un certain nombre de directeurs d’établissements et chercheurs ont également lancé un Appel via The Shift Project, proposant au corps pédagogique, et plus largement aux citoyens, de signer une pétition demandant à former tous les étudiants du supérieur aux enjeux climatiques et écologiques. Cet Appel sera ensuite publié, diffusé, et remis au ministère de l’Enseignement supérieur.

Depuis son lancement, l’Appel a obtenu la signature d’environ 2800 personnes, dont celles de présidents et vice-présidents d’écoles phares de la CGE, telles que l’ESSEC, INSA Lyon, l’EDHEC ou encore MINES ParisTech.

Avec ces projets, les acteurs de l’enseignement supérieur semblent bien déterminés à amorcer une ébauche de changement, tant attendu par les plus jeunes…