La Rochelle Business School poursuit son développement dans l’Ouest

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Après le changement de nom du Groupe Sup de Co La Rochelle au profit d’Excelia, l’école de commerce se penche désormais sur ses programmes. Son directeur, Sébastien Chantelot souhaite y donner un coup de jeune tout en réaffirmant la place centrale de l’humain dans l’organisation et la pédagogie de l’établissement. Dès la rentrée 2019, l’école se dotera d’un nouveau campus à Tours, de nouveaux cursus en partenariat avec d’autres écoles ainsi que d’une pédagogie toujours plus tournée vers le futur et son caractère incertain. Rencontre avec Sébastien Chantelot qui nous parle des projets à venir et rappelle le positionnement engagé de La Rochelle Business School.

Pourquoi lancez-vous ces nouveautés pour La Rochelle Business School ?

Ça fait un petit moment que la Rochelle Business School ne s’était pas prêté à cet exercice. On pense que c’est bien de préciser à nouveau quels sont nos points forts, nos spécificités, pourquoi on fait les choses différemment et montrer la belle dynamique de l’école avec ces nouveautés.

Que souhaitez-vous mettre en avant ?

C’est le positionnement de l’école. On a une particularité, tout tourne autour de c’est ce qu’on appelle l’Humanagement, qui nous fait réfléchir sur quelle est la place de l’homme dans l’organisation à partir du prisme de l’humain. Il y a aussi la dimension humanoïde, la place de l’humain dans la transformation digitale, avec l’apparition des nouvelles formes de management. Enfin, les humanités font comprendre aux étudiants leur place dans la société, l’environnement et le monde. La synthèse de tout ça c’est Humacité, notre dispositif qui permet aux étudiants d’avoir un autre regard sur le monde, d’avoir un projet personnel qui fait du sens, avec une dimension sociale et humanitaire derrière. Généralement c’est une expérience transformative très forte pour nos étudiants.

Les étudiants choisissent-ils LRBS pour ces raisons ?

On leur demande chaque année, pourquoi ils ont choisi la Rochelle, car c’est un marché hyper concurrentiel, avec des écoles qui peuvent apparaitre plus prestigieuses que nous. Ce qu’ils viennent chercher, c’est l’Humacité. Ça fait la différence. Cette création de force individuelle et collective, ça les interpelle. Ils savent aussi qu’ils vont pouvoir travailler sur leurs passions et leur projet personnel grâce à la vie associative qui est très riche, elle est même intégrée dans la pédagogie.

Quelle place occupe la question du développement durable et de la responsabilité sociétale des entreprises dans votre pédagogie ?

On a créé en 1999 un Master Manager Développement Durable, on a été précurseur sur ces questions et c’est très cohérent avec la ville et l’environnement de l’école. Dans le PGE en première année, ils vont avoir un premier socle de connaissances très théoriques. Ils plancheront ensuite sur des cas d’études en 2e année avant d’acquérir des connaissances très fines en 3e année orientée business. Assez régulièrement nous avons des étudiants qui deviennent manager du développement durable et qui sont spécialisés dans les rapports financiers qui prennent en compte l’aspect sociétal et environnemental.

Angoulême, Niort, Rochefort…Comment avez-vous sélectionné les villes où vous développer ?

La territorialisation est un de nos leviers stratégiques. C’est en réponse à des entreprises qui sont venues nous solliciter pour développer ces programmes-là dans leur territoire. Les étudiants sont tout à fait au courant. Ils viennent d’abord à la Rochelle mais, s’ils souhaitent faire, par exemple la spécialisation Achats et Logistique en alternance, ils savent que les cours auront lieu à Rochefort alors que pour le parcours normal, ça se passera à la Rochelle.

Qu’allez-vous proposer à Tours ?

C’est autre chose, on va y implanter un campus. C’est la 18e aire urbaine en France et à 1h de Paris. Le territoire avait perdu ses formations en management donc on va y installer notre Master Grande école. L’enjeu et notre challenge, c’est que l’étudiant à Tours vive la même expérience qu’à La Rochelle. On va commencer petit, la première promotion sera de 30 à 40 étudiants, uniquement en alternance car il y a une très forte demande des entreprises sur ce territoire. On va apprendre à gérer ce nouveau campus, à collaborer avec des entreprises sur un territoire différent et ensuite le développer car il y a un potentiel fabuleux à Tours.

Vous misez sur les formations en partenariat avec d’autres écoles, pour quelles raisons ?

Les entreprises ont besoin de collaborateurs qui ont une double compétence mais surtout une double compréhension. Quand vous gérez des portefeuilles dans des cabinets de consulting dans le domaine du digital par exemple, il faut quand même comprendre la technologie. On ne leur demande pas de construire des fusées mais il faut qu’ils aient cet état d’esprit, qu’ils comprennent l’environnement dans lequel ils évoluent. On veille à doter nos étudiants d’un état d’esprit entrepreneurial, responsable, agile, et donc dans ces cas-là technologique. C’est le but de notre collaboration avec l’école d’ingénieurs EIGSI pour le Bachelor Transformation Numérique des entreprises.

Comment avez-vous sélectionné ces partenaires ?

Pour l’université du Québec à Montréal, on travaille en réalité déjà avec eux. Pour l’instant nos étudiants obtenaient une certification ; ils suivaient des cours, dispensés par des professeurs nord-américains, qui sont clairement en avance sur la pédagogie. On a décidé de pousser cette collaboration et de mettre en place un double diplôme. C’est le seul double diplôme de l’UQAM délocalisé. Les étudiants obtiendront donc un MBA nord-américain et un MSc de LRBS. On va travailler conjointement pour que nos propres enseignants puissent aussi acquérir cette dynamique pédagogique que nous amène ces professeurs nord-américains.

Quel type de profil souhaitez-vous recruter pour les rentrées à venir ?

On fait partie de ces business schools avec une très forte capacité de transformation des profils. Il faut d’abord que les valeurs de l’étudiant soient en accord avec les nôtres, c’est-à-dire la créativité, l’ouverture, la responsabilité, l’engagement et que le modèle de l’école puisse faire levier avec son projet. Notre but, c’est d’accompagner l’étudiant, non pas pour qu’il décroche son premier job mais pour qu’il puisse déployer ses compétences tout au long de sa carrière et évoluer dans un environnement assez complexe, et volatile. Pendant les jurys d’admission, on fait attention à ce que ce soit quelqu’un d’ouvert, de curieux, qui n’hésite pas à quitter sa zone de confort quand il faut, qui sait prendre des risques tout en les évaluant, et en saisissant les opportunités.

Comment préparez-vous vos étudiants à évoluer dans ce monde VICA ? (volatile, incertain, complexe et ambigu)

On inverse l’expérience d’apprentissage. Les étudiants commencent par faire quelque chose, même s’ils n’y connaissent rien, dès la première année. Ça les oblige à se poser plus de questions, ils vont apprendre à apprendre par eux-même. Ensuite on revient à la théorie et là on connecte, on débat, on prend du recul, on prend en compte l’aspect protéiforme des choses. Ça passe aussi par les expériences qu’ils vivent comme les Humacités. On travaille sur l’adaptation. Face au changement, les meilleurs d’entre eux vont le voir venir, ils seront capables de régler des problèmes complexes, de créer des outils, et auront suffisamment de charisme pour entrainer les autres avec eux.

Sébastien Chantelot a rejoint LRBS en septembre après plusieurs années à l’ESC Pau.