Comment l’EM Strasbourg veut se démarquer des autres écoles de commerce

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Herbert Castéran, directeur de l’EM Strasbourg Business School, a dévoilé à l’aube du deuxième anniversaire de sa prise de poste son plan pour développer l’établissement et le différencier des autres grandes écoles de commerce. En ligne de mire : l’accroissement de l’internationalisation, l’affirmation de valeurs bien définies et la mise en place de projets innovants. On fait le point.

Développer par l’international

Par son implantation dans la ville qu’on appelle souvent la capitale européenne, l’EM Strasbourg est historiquement ouverte sur le monde depuis sa création en 1919. Sur les 3300 étudiants de l’école, 949 sont étrangers, soit presque un tiers des effectifs. Herbert Castéran affirme donc vouloir « sensibiliser [les] étudiants à une culture internationale », notamment par le biais des échanges, fortement mis en avant. Plus de 200 accords existent ainsi entre l’EM Strasbourg et d’autres pays à travers le monde : l’Europe bien sûr, avec 26 destinations Erasmus, mais également l’Asie ou encore l’Amérique. Les pays d’Afrique, relativement sous-représentés à l’heure actuelle dans les partenariats, représentent un axe de développement à travailler dans les années à venir. Mais de façon générale, les chiffres prouvent la volonté d’internationalisation de l’EM Strasbourg : l’an prochain, 520 étudiants seront envoyés à l’étranger, quand 700 étudiants du monde entier viendront étudier à l’école.

C’est tout l’enseignement et la pédagogie de la Business School qui opère dans le sens de cette volonté d’internationalisation : 10 langues différentes sont enseignées dans l’établissement, et des modules spécifiques sont créés tels que « Scribe 21 » ou encore « Clue », tous deux décrits comme des « outils pour développer l’internationalisation » selon Élodie Thévenet, responsable des relations internationales de l’EM Strasbourg. Le projet le plus remarquable, mis en place cette année, mais qui prendra toute son ampleur à la rentrée 2018, est sans conteste le partenariat avec le Parlement Européen sous forme d’un jeu de rôle pour les étudiants : ces derniers, rassemblés en groupes d’une trentaine au maximum, sont amenés à « devenir des acteurs de la construction européenne » — d’après Sabine Menu, enseignante-chercheur de l’école — en se mettant dans la peau de députés, devant débattre sur des sujets tels que le stress hydrique ou encore l’implantation de puces électroniques sur les hommes. Une activité se faisant au sein même du Parlement, aidant les jeunes à « se concevoir comme des citoyens globaux », s’engager et être proactifs pour s’intéresser davantage et mieux comprendre les sujets relatifs à l’Europe, réputés difficiles et ennuyeux.

Affirmer des valeurs propres

Au-delà de cette ouverture à l’international, l’EM Strasbourg souhaite se donner une identité à part dans le champ des grandes écoles de commerce. Une différenciation qui passe notamment par le biais des valeurs de l’établissement, martelées par son directeur Herbert Castéran : excellence, humanisme, respect, diversité disciplinaire et culturelle, mais aussi un credo : « l’école qui vous permet de devenir qui vous êtes ». Dans les dires de ses représentants, l’ambition de l’école passe donc par la réalisation personnelle de chaque étudiant, poussé à se révéler et s’accomplir selon leur propre personnalité et leurs propres projets. Cela se fait notamment en voulant faire participer automatiquement les élèves aux différents concours tels que Les Négociales, remporté par des élèves de l’EM Strasbourg depuis trois années consécutives.

La volonté de l’école de commerce de Strasbourg est aussi de s’affirmer comme « familiale » et « à taille humaine » comme l’affirme Alexandre Dubreuil, directeur de la communication de l’établissement, mais aussi Chloé Castérot, élève du Programme Grande École en marketing/vente. Une image de proximité avec chaque étudiant qui se traduit aussi par l’offre Cap career Alumni +5, lancée pour les promotions de diplômés 2018 : l’objectif est d’accompagner les étudiants — gratuitement — durant les 5 ans suivant l’obtention de leur diplôme à l’EM Strasbourg, notamment dans leur recherche d’emploi. Ce suivi est effectué par des coachs professionnels certifiés sur trois séances d’environ 1 h, durant lesquelles les ex-élèves apprendront à consolider leur prise de parole en public, la gestion du stress ou encore le travail en équipe.

Innover grâce à des projets d’avenir

Outre l’internationalisation et la construction d’une identité propre, l’EM Strasbourg s’est lancée dans plusieurs plans visant à évoluer sur divers points. Tout d’abord, un contrat d’objectifs et de moyens a été mis en place, comprenant la volonté d’embauche de 50 % d’enseignants-chercheurs supplémentaires en 5 ans, mais aussi 20 % d’étudiants en plus pour atteindre un effectif total de 4000.

D’autre part, de nouveaux locaux actuellement en travaux, au sein même de l’implantation historique de la Business School au centre de la ville de Strasbourg, devraient ouvrir leurs portes définitivement en janvier 2019 : bureaux, salles de cours, espaces de travail… Autant de bâtiments neufs qui seront mis à disposition des élèves dans le but d’optimiser leur vie à l’école. La bibliothèque universitaire, quant à elle, est déjà terminée et a ouvert ses portes au public le 16 mai 2018.

Enfin, un grand projet est à souligner dans les ambitions d’Herbert Castéran pour son école : développer l’esprit entrepreneurial des étudiants grâce à un partenariat avec l’entreprise pionnière du financement participatif en France, KissKissBankBank. Le but ? Permettre aux élèves de l’EM Strasbourg de « financer tous leurs projets entrepreneuriaux » par le biais du crowdfunding, comme l’affirme Adrien Aumont, fondateur de l’entreprise. Mais plus encore, cet accord est affirmé comme un vecteur d’unité sociale, car il permettrait également d’aider financièrement les jeunes n’ayant pas les moyens de s’offrir les frais de scolarité de l’école. Ainsi, d’après les dires de son directeur, « l’aspect social ne semble plus être un frein pour l’EM Strasbourg ». Autant de projets qui soulignent la volonté d’innovation et d’évolution de l’école.