Conférence des grandes écoles : une hausse du salaire mais des inégalités de genre

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Source : Conférence des grandes écoles

Le 18 juin 2019, Diplomeo a assisté à la présentation du rapport annuel de la Conférence des grandes écoles (CGE). Comme l’année précédente, l’étude de la CGE, qui concerne 184 des 221 écoles, portait sur l’insertion des diplômés des grandes écoles. Encore une fois, les résultats sont très positifs, bien que des inégalités de genre persistent…

Une progression de l’insertion professionnelle et de la qualité de l’emploi

L’enquête menée par l’ENSAI (école nationale de la statistique et de l’analyse de l’information) a révélé une croissance de l’insertion professionnelle et de la qualité de l’emploi, mais pas seulement du point de vue du salaire, en croissance depuis 2015, qui a augmenté en moyenne de 2,36% (2,12% pour les femmes, soit 32 954 € annuels et de 2,6% pour les hommes, soit 34 822 €).

Quant au taux net d’insertion dans les 6 mois qui suivent leur obtention du diplôme il progresse (de 0,01 point) et atteint 89,5%. La qualité de l’emploi progresse elle aussi. 82,2% des diplômés de grandes écoles ont un CDI, pour 81,1% l’année dernière. Une qualité du poste et un taux d’insertion élevés qui reflètent le niveau prestigieux des élèves recrutés.

Malgré une augmentation du salaire et une amélioration du niveau de l’emploi, l’étude montre que l’importance du montant du salaire proposé n’arrive qu’en 8ème position (2,4%) dans les critères de choix de l’emploi des diplômés. Le facteur le plus important pour le choix de l’emploi est celui du contenu de la mission et du poste proposé (33,9%), suivi de l’adéquation du poste proposé avec le projet professionnel (27,2%).

On peut remarquer que les femmes privilégient davantage le contenu de l’emploi (38% pour les femmes, 31,4% pour les hommes) et moins l’adéquation de la mission proposée avec le projet professionnel  (25,5% pour les femmes, 28,2% pour les hommes). Les membres de la CGE présentant ces résultats traduisent cet intérêt accordé au contenu de la mission par un besoin de trouver du sens dans son travail. En effet selon eux, cette importance de la quête du sens dans l’emploi chez les femmes est reflétée par leur plus grand nombre parmi les managers diplômés en cours de création d’entreprise (57,2% de femmes pour 41,3% d’hommes).

Un marché de l’emploi en manque de diplômés

Les grandes écoles tentent d’adapter leurs formations à la demande du marché de l’emploi, mais il reste quelques secteurs en manque de diplômés. Les écoles supérieures d’ingénieurs, particulièrement dans le secteur privé ont augmenté leurs effectifs de 40% sur les dernières années pour répondre à la demande.

Le secteur du digital est lui aussi en manque de diplômés car récent et en pleine croissance. Les écoles visent donc une augmentation de leur nombre de diplômés pour combler ce manque dans le marché de l’emploi, mais sans pour autant sacrifier la qualité de leurs recrues.

“On assume d’être des écoles sélectives.”

Anne-Lucie Wack, Présidente de la Conférence des grandes écoles.

Cette croissance du marché de l’emploi entraîne une plus grande mobilité des jeunes diplômés entre différents postes. Les écoles sont frappées par la vitesse à laquelle les élèves trouvent un emploi, ils sont aspirés par le marché du travail. Ainsi les entreprises qui ont du mal à les recruter, ont aussi du mal à les garder. En effet, grâce à leur facilité à trouver un emploi, les jeunes multiplient leurs expériences professionnelles en changeant d’entreprise régulièrement pour étoffer leur palette de talents.

Des inégalités hommes-femmes qui persistent malgré les initiatives des écoles

Avec un écart salarial de 6,08% entre hommes et femmes diplômés de grandes écoles (moyenne de 20% au niveau national),  une différence salariale qui peut s’expliquer par plusieurs facteurs : différences sectorielles, taille des entreprises, etc. Les inégalités commencent dès le premier emploi, en effet, 71,6% des femmes trouvent leur premier emploi en CDI, contre 86,5% pour les jeunes diplômés masculins.

Néanmoins, 6% de plus d’hommes travaillent en province. Ainsi, ces différences salariales peuvent aussi être expliquées par des facteurs psychosociaux qui n’ont pas étés pris en compte dans cette étude et qui sont à la source de ces différences de rémunération.

“Il faut regarder ce qu’on fait dans nos écoles, comment on traite avec les entreprises et le jugement qu’elles font, comment accompagner nos jeunes avec une meilleure égalité”.

Anne-Lucie Wack

Les écoles mettent en place des initiatives pour remédier à ces écarts entre sexes : cours de négociation salariale, création d’associations étudiantes qui mènent des actions en faveur de l’égalité homme-femme, mise en place d’un plan d’action pour l’égalité des genres sur plusieurs années, etc. Néanmoins les inégalités perdurent et le travail à faire pour y remédier ne doit pas seulement concerner les étudiants et les écoles mais surtout les entreprises.