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Le départ du président de l’Université d’Orléans, Youssoufi Touré, laisse apparaître une réalité financière très critique pour l’établissement qui accueille 17 000 étudiants. 12 milliards d’euros. C’est le déficit creusé par les 7 années de présidence de Youssoufi Touré, dans les comptes l’Université d’Orléans…

Billets d’avion, factures de téléphone, etc.

Au-delà d’être un grand déficit, 12 milliards d’euros, c’est aussi près d’un dixième du budget de l’Université d’Orléans… Entre 2009 et 2016, soit deux mandats, son ancien président Youssoufi Touré, a cumulé mauvaise gestion de l’établissement et dérapages personnels. À ce rayon, on trouve des notes de frais injustifiées, des billets d’avion achetés sur le compte de l’établissement, des entretiens de bâtiments inutiles et des factures de téléphone atteignant parfois les 8 500 euros par exemple.
Aussi, selon l’enquête de Libération, qui a révélé cette affaire, des fonds dédiés à la recherche et au développement ont été détournés pour le simple fonctionnement de l’Université.

Un président déjà critiqué

Son successeur depuis juin 2016, Ary Bruand, avait déjà alerté par sa démission de son poste de vice-président en 2013, de ses doutes sur la gestion de l’Université par Youssoufi Touré. Des problèmes également évoqués lors des conseils d’administration. « Nous n’avons eu de cesse de souligner les dérives budgétaires de l’université. Le budget était géré de manière opaque avec une baisse des fonds de roulement et une hausse des dépenses », a précisé Maïtine Bergounioux, enseignante et membre du syndicat SNESUP-FSU, à nos confrères du Figaro étudiant.
« Nous savions tous qu’il y avait une défaillance importante, ne serait-ce qu’en raison du train de vie de la présidence, qui avait nommé pas moins de 14 vice-présidents. Mais nous ne la pensions pas à ce niveau », avait réagi Gabriel Bergounioux, ancien élu SNESUP, dans un entretien à Libération. Une réaction qui fait donc suite aux résultats de l’audit demandé par le nouveau président.

Après son passage à l’Université d’Orléans, Youssoufi Touré n’a pas cessé d’exercer puisqu’il a été nommé, en mars 2016, recteur de l’académie de Guyane. Poste qu’il vient tout juste de quitter devant le bruit que fait le déficit de 12 milliards de sa présidence… Bientôt de retour en métropole, il sera convoqué par l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale.

Des mesures pour redresser la barre

Afin de limiter la casse et de ne pas être placée sous tutelle, l’Université d’Orléans met en place plusieurs plans. Parmi eux : un budget de crise pour l’année qui commence, avec pour objectif d’économiser 3 millions d’euros en 2017 et un plan d’économies depuis octobre 2016. Ce sont également 46 postes d’enseignants chercheurs qui vont être gelés. Le nombre d’heures d’enseignement va également diminuer. Dans l’article du Figaro, Maïtine Bergounioux fait part de ses craintes : « Les petites formations, pointues, qui font notre spécificité, risquent de fermer ». Elle estime à 5 ans le temps qu’il faudra à l’établissement pour sortir la tête de l’eau.