Ingénieuses 2018 : L’égalité homme-femme dans l’accès aux études d’ingénieurs

Tribune. Une Grande École après un Bac+2/3 : une vraie carte maîtresse pour l’avenir !
21 May 2018
campus kedge bs
Kedge veut « former les leaders du 21e siècle »
1 June 2018

Sujet d’actualité, l’égalité homme-femme ne cesse ne faire couler de l’encre. Le président de la République l’a d’ailleurs défini comme une « grande cause » de son quinquennat. Nombreuses sont donc les organisations qui prennent des mesures en faveur de cette égalité. C’est notamment le cas des écoles d’ingénieurs qui ont organisé, ce vendredi 25 mai, la remise des prix « Ingénieuses 2018 » à la Fédération nationale des travaux publics à Paris.

Les prix Ingénieuses

Pour sa huitième édition, le concours « Ingénieuses 2018 » récompensait différents acteurs d’écoles d’ingénieurs, étudiants comme enseignants. Cette opération de communication, organisée par la CDEFI (conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs), avait pour objectif de récompenser les projets destinés à mettre en valeur les études d’ingénierie auprès des étudiantes. En effet, face aux nombreux stéréotypes auxquels est soumis ce secteur professionnel, peu de femmes se destinent à des carrières d’ingénieurs.
Le concours récompensait donc des projets dans plusieurs catégories :

  • L’école la plus mobilisée
  • Le projet le plus original
  • Le prix de l’enseignement de l’égalité hommes-femmes
  • Le prix de l’élève ingénieur France
  • Le prix de l’élève ingénieur Maghreb
  • Le prix de la femme ingénieure

Au final, ce sont 6 prix qui ont été décernés pour 217 candidatures de différentes écoles d’ingénieurs françaises. Les gagnants du concours se sont vus récompensés de plusieurs sommes d’argent allant de 500 à 1000 euros.
Écoles, étudiants et enseignants avaient des projets tous plus originaux les uns que autres. Parmi les plus innovants, celui de l’ENSCMu (École nationale supérieure de chimie de Mulhouse), qui s’est vue, non pas récompensée d’un, mais de deux prix dans la catégorie « projet le plus original ».
L’idée de l’école ? Promouvoir les métiers de l’ingénierie directement auprès d’élèves de maternelles et d’écoles primaires. Si ce domaine peut paraître abstrait pour des petits ayant entre 3 et 10 ans, les élèves participant à ce projet ont eu l’idée d’organiser des ateliers directement dans les écoles afin de montrer que la chimie n’est pas seulement destinée aux hommes.

La place des femmes dans les études d’ingénierie

Pour cette année 2018, la nouvelle édition des Ingénieuses recevait des invités de choix, parmi lesquels Marc Renner, président de la CDEFI ou encore Marie-Hélène Therre, marraine de l’évènement et présidente d’honneur de l’association Femmes-Ingénieurs.
De nombreux interlocuteurs se sont succédés sur la scène de la Fédération nationale des travaux publics à Paris, et notamment deux sociologues, Isabelle Collet et Bernard Fusulier, venus parler de la place des femmes dans les métiers des sciences et techniques.

Les effectifs hommes-femmes d’écoles d’ingénieurs, en matière d’apprenants, sont ridiculement inégalitaires. Sur l’année 2016-2017, ce sont 36 812 femmes qui ont été recensées en cycle ingénieur, soit 27 % de l’effectif total des élèves. Ridicule oui, d’autant plus quand on en connaît les causes.

Informaticienne puis sociologue, Isabelle Collet a profité de l’occasion pour mettre en lumière les raisons de cette inégalité. Stéréotypes, machisme, sexisme ou encore différentialisme de notre société, les causes de ce faible taux de mixité sont multiples.
Auteure d’une thèse puis d’un livre sur le sujet, la sociologue insiste sur différents points. En premier lieu, il n’y a, de toute évidence, pas de différences de compétence entre les femmes et les hommes dans les matières scientifiques, zéro, rien, niet : les femmes sont aussi bonnes que les hommes en Mathématiques en France.
Alors pourquoi ne représentent-elles qu’un quart des effectifs totaux ? Plusieurs raisons à cela parmi lesquelles on peut noter l’une des plus répandues, le sexisme qui touche absolument tous les secteurs de l’économie française. Ou encore, le conformisme, le manque de modèle d’identification, beaucoup de grands scientifiques sont connus et reconnus, beaucoup moins de femmes.
Autant de raisons qui n’incitent pas les femmes à se diriger vers les écoles d’ingénieurs.

Ce concours est donc une solution ou tout du moins un premier pas en faveur de l’accès aux études scientifiques pour les femmes. Un beau projet qui devrait sans nul doute être reprogrammé pour les années à venir.

Projets ayant reçu des prix :

L’école la plus mobilisée : ENAC
Le projet le plus original : ENSCMu 1 ENSCMu 2
Le prix de l’enseignement de l’égalité hommes-femmes : Mines Saint Étienne
Le prix de l’élève ingénieur France : Lou Grimal élève de l’université de technologie de Troyes
Le prix de l’élève ingénieur Maghreb : Siham Meftahi, élève des Arts et Métiers de Casablanca
Le prix de la femme ingénieur : Amandine Dessales, diplômée de l’ENSTA Bretagne