L’heure de la fusion de la formation a sonné pour le nouvel IMT Atlantique

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Après avoir obtenu l’aval de la CTI, l’IMT Atlantique, né en 2017 de la fusion de Mines Nantes et de Télécom Bretagne, poursuit sa construction et présente sa nouvelle formation d’ingénieurs.

Une fusion pas à pas

« Cette fusion, c’est un projet que nous préparons depuis 2015 », commence Lionel Luquin, directeur des formations de l’IMT Atlantique. Comme pour tous les grands changements au sein des établissements d’enseignement supérieur, la fusion des anciens Mines Nantes et Télécom Bretagne s’est faite pas à pas. Dès cette année 2015, un conseil de programme a été mis en place. Les étudiants de l’époque ont eu leur mot à dire dans la construction du nouvel IMT. « Nous avons parfois fait face à des débats enflammés, à des envies auxquelles on ne s’attendait pas ou à de bonnes idées de pédagogie », se souviennent Lionel Lucquin et son collègue brestois Philippe Picouët. Au total, environ 80 personnes ont travaillé à l’élaboration du nouveau programme. « Nous sommes partis de la graine qui est le besoin industriel. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les besoins de ce secteur, en imaginant une formation généraliste qui comprenne un jeu de compétences tel que les entreprises l’attendent », expliquent-ils.
La fusion des deux établissements qui avait pour but de « mixer les savoir-faire et d’offrir une gamme thématique plus large » est effective depuis janvier 2017. Après un passage par la Commission du Titre d’ingénieur (CTI) en juin 2017, la formation nouvellement construite a été certifiée en octobre 2017. Elle pourra donc accueillir sa première promotion à la rentrée 2018.

Former des ingénieurs « qui portent un regard sur leurs actions »

Mais concrètement, qui seront les ingénieurs IMT Atlantique qui sortiront en 2021 ? « Nous souhaitons que nos étudiants prennent du recul sur ce qu’ils font, qu’ils soient capables de porter un regard. Nous allons leur montrer comment mesurer l’impact, qu’il soit sociétal, énergétique ou économique, d’une notion conceptuelle, résument Lionel Luquin et Philippe Picouët. Nous souhaitons également développer leur créativité, leur insuffler un esprit d’innovation et d’entrepreneuriat. »

Le nouveau programme de l’IMT Atlantique s’articule autour de 14 compétences génériques :

  • Comprendre et analyser, synthétiser un problème et/ou une situation complexes
  • Résoudre un problème complexe en alliant théorie et pratique
  • Concevoir et réaliser des systèmes et des organisations
  • Critiquer et décider
  • Innover & entreprendre dans un contexte complexe et incertain
  • Conduire un projet innovant, complexe, risqué ou à forts enjeux
  • Animer et gérer une équipe avec différents modes de management
  • Coopérer notamment dans des environnements internationaux et interculturels
  • Communiquer
  • Intégrer les enjeux sociétaux dans ses décisions et ses actions
  • Intégrer les enjeux organisationnels dans ses décisions et ses actions
  • Réfléchir sur soi, ses acquis et ses expériences
  • S’adapter et évoluer
  • S’engager

La pédagogie du programme ingénieur généraliste de l’IMT Atlantique a également fait l’objet de nombreuses réflexions. Parmi les nouveautés, on trouve le fait que les étudiants ne seront plus notés, mais évalués sur l’acquisition ou non d’une compétence. Un nouveau mode d’évaluation qui demande aux enseignants de s’adapter, de mener une réflexion de fond sur la raison de chaque enseignement. Dans la méthode d’apprentissage de l’établissement, on retrouvera également le fameux « faire pour apprendre » cher à de plus en plus d’écoles. Cette pédagogie consiste à tester ce que l’on apprend, à se mettre en « mode projet » pour concrétiser les cours. « Avec cette dynamique d’apprentissage, nous souhaitons trouver chez chaque étudiant l’élément auquel il se raccroche, ce qui lui donne envie d’étudier », résument Lionel Luquin et Philippe Picouët.

Un programme pilotable

L’IMT souhaite également répondre à un besoin croissant d’agilité et de polyvalence de la part des ingénieurs intégrés aux entreprises. Et cela commence dès la deuxième année. En effet, les étudiants entreront dans trois années d’études très modulables. Ils pourront, à certains moments, choisir entre une période d’études à l’étranger ou en France, un stage plus ou moins long, etc. « L’étudiant fait au moins un stage par an. Au minimum, en trois ans, il sera en entreprise durant 9 mois », précise Philippe Picouët. Une liberté de construire son parcours qui s’exprime aussi dans les spécialisations proposées. En deuxième et troisième année, les étudiants choisiront parmi une vingtaine de thématiques d’approfondissement dans les secteurs de :

  • la santé
  • l’énergie nucléaire et l’environnement
  • la robotique, l’électronique, l’automatique, les télécommunications et les systèmes embarqués
  • l’informatique et les réseaux
  • les systèmes industriels et les organisations

Côté sport, un module de 24 heures par semestre est obligatoire afin de développer des compétences annexes chez les étudiants. Il peut se compléter par d’autres heures d’activités sportives, artistiques, culturelles, etc. « Les cours et le travail encadré représentent environ 20 heures par semaine pour laisser le temps aux étudiants de faire du sport, de s’engager dans des associations, de suivre des Unités d’Enseignements dans d’autres champs que leurs spécialisations. En somme, de développer leur esprit d’ouverture », expliquent les deux responsables de l’IMT Atlantique.

La première promotion accueillera, dès septembre 2018, 220 élèves recrutés via le concours Mines-Ponts et une cinquantaine recrutés sur titre. En 2021, 350 ingénieurs made in IMT Atlantique devraient être formés.