Montpellier Business School : 120 ans d’humanité et de diversité

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Directeur de Montpellier Business School (MBS) depuis plus de 20 ans, Didier Jourdan a vu son établissement et le monde qui l’entoure changer. Il a répondu aux questions de Diplomeo, après avoir présenté un plan de développement baptisé « Ambition 2020 ».

Votre école fête ses 120 ans cette année, êtes vous parfois tiraillé entre la conservation des valeurs et la nécessité d’évoluer ?

Vous savez, la nature est bien faite. Le propre de l’être humain, c’est de s’adapter en permanence. C’est aussi le cas pour notre école qui n’oublie cependant pas le passé. Nous n’oublions pas que nous avons été la première école de commerce à accueillir des femmes en 1915, à s’ouvrir à l’alternance et d’autres engagements forts qui façonnent nos valeurs sociales et humanistes.
Je pense réellement que nous, et par là j’entends les écoles de commerce en général, avons un rôle à jouer dans la société. Nous devons préparer l’avènement d’une « société meilleure ». Pour cela, il faut croiser ces valeurs sociétales avec la transformation digitale, les nouvelles pédagogies, une diversité qui évolue. Nous devons arrimer des mutations inéluctables à nos valeurs fortes, tout en garantissant des garde-fous. Car à la fin, c’est l’homme qui toi rester maître de son avenir.

Le plan Ambition 2020 de Montpellier Business School s’accompagne-t-il d’ambitions en termes de classement ?

Bien évidemment. C’est important et notre ambition est bien réelle. Cependant, nous ne voulons pas que cela soit la seule finalité de notre progression. La recherche effrénée du podium pourrait nous épuiser et épuiser nos ressources, nous ne voulons pas participer à cette surenchère. Les enjeux des classements sont monumentaux, surtout au niveau mondial. Ils permettent de dire « venez avec nous » et pour cela il faut réunir tous les ingrédients. À Montpellier Business School, nous portons aussi des ambitions qui n’entrent pas dans les classements, et parfois je le regrette. C’est le cas des labels par exemple. Nous sommes la première école à avoir obtenu le label égalité professionnelle hommes/femmes, une preuve de diversité donc, qui n’est pourtant pas prise en compte dans les cases des classements.

Vous semblez exprimer des déceptions de ce côté… 

Oui, je trouve dommage que des sujets comme la diversité, mais aussi la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) ne soient pas mieux pris en compte. Il y a des paradoxes. Regardez dans les classements, ces notions ne sont prises en compte que sur des critères académiques, en se demandant simplement si l’école propose des cours sur ces sujets. On ne se demande pas si l’école s’engage de manière plus poussée, avec des labels d’État par exemple.
Du côté de la recherche, il est impossible de trouver de grandes revues pour publier des travaux sur la RSE par exemple. Un bon chercheur doit donc adapter son travail pour pouvoir le publier dans une revue d’un autre domaine…

Comment souhaitez-vous faire rayonner Montpellier Business School ?

Nous adoptons une posture à la fois globale et locale. Globale car nous participons à de nombreux projets de recherche internationaux, à des échanges d’enseignants, à des programmes communs avec nos partenaires, mais aussi parce que nous avons développé MBS à Dakar ou mis en place un master global business sur 3 continents à la fois (France, Canada et Corée du Sud).
Notre développement local se base sur des alliances stratégiques comme le pôle universitaire de Montpellier auquel nous appartenons par exemple. Nous avons également créé des équipes de recherche et d’accueil en 2010, au sein du MRM (Montpellier Recherche en Management). Nous sommes également le membre fondateur d’un label Entreprendre qui abrite plusieurs chaires et des programmes d’aide à l’entrepreneuriat.
Pour résumer notre ambition en termes de rayonnement, je dirais qu’un arbre a besoin de racines profondes pour tenir, mais aussi d’une belle canopée pour faire circuler la sève.

Vous parlez beaucoup de diversité, est-ce que cette notion a évolué depuis 120 ans ? 

Oui tout à fait ! En 1915, la mixité c’était le sexe et la couleur de peau. Aujourd’hui, les critères de diversité ont été multipliés par 20 ! On prend en compte les situations de handicap, la solitude, l’origine sociale et tant d’autres. Le combat pour la diversité dans les écoles de commerce n’est pas fini, c’est une valeur à laquelle nous nous attachons profondément. Il ne suffit pas de dire à une personne que vous allez lui faire faire des études, elle a aussi besoin de comprendre comment fonctionne un environnement différent du sien.

Justement, est-ce que c’est cette valeur de diversité qui différencie un diplômé de Montpellier Business School d’un autre ? 

C’est toujours difficile de dire que nos diplômés sont meilleurs que les autres car toutes les écoles de commerce font un bon travail ! Nous nous efforçons de ne pas former de « faux diplômés », c’est-à-dire des personnes qui n’auraient jamais les pieds dans la vie active. Pour cela, nous développons l’alternance. Environ 40 % des étudiants se forment actuellement avec cette formule et acquièrent une maturité professionnelle plus développée qu’un étudiant qui aurait suivi des études classiques avec quelques stages. Une des preuves que cela fonctionne est l’insertion professionnelle de nos diplômés. Leur rapidité à trouver un premier emploi est stupéfiante ! 70 % des étudiants sont embauchés avant la sortie de l’école et 90 % le sont deux mois après la fin de leurs études à Montpellier Business School.

Au pour revenir à la diversité, celle de notre population étudiante est indiscutable. Nous sommes l’école de commerce avec le taux d’étudiants issus d’une « CSP moins » (catégorie socioprofessionnelle modeste) le plus important. La diversité s’exprime aussi dans les parcours de nos étudiants, certains arrivent avec des bagages, d’autres non et à la sortie il n’y a pas un profil type de diplômé. Ce sont tous les représentants et garants de la diversité de Montpellier Business School. Imaginez la satisfaction de former un jeune qui est le premier diplômé de sa famille et qui va gagner plus que ce qu’il n’aurait pu imaginer. Pour ce genre de finalités, il faut, comme disait Pasteur « se dépêcher d’être utile ».

 

Soizic Meur